Planifier la gestion des données de son projet

La planification correspond à la première étape du cycle de vie des données, durant laquelle les besoins et ressources nécessaires à la réalisation du projet de recherche sont identifiés. Les prochaines étapes du cycle de vie des données sont anticipées durant cette première phase. L’étape de planification permet précisément de questionner la façon dont les données seront collectées, analysées, documentées, stockées, conservées, exposées et réutilisables ou encore protégées.  

Les ressources sélectionnées par l’équipe de CoDataSorb vous permettront de comprendre, pas à pas, les bénéfices qu'apporte une planification vertueuse et raisonnée de la gestion de vos données. Grâce à ces ressources, vous serez en mesure de définir vos données de recherche et leur cycle de vie, comprendre le contexte juridique de l'open data, rédiger votre plan de gestion de données. Vous pourrez aussi poursuivre votre autoformation sur les données via des sites de références ou encore solliciter des personnes-ressources pour vous accompagner au mieux dans l'anticipation de la gestion de vos données.

Définition(s) et cycle de vie des données de recherche

  • Définitions des données de recherche

    Les données de recherche peuvent se définir de diverses façons, plus ou moins étendues. Selon les objectifs recherchés (objectifs de diffusion, de partage, d'archivage), le périmètre de définition des données de recherche peut varier.
    Dans un rapport consacré aux données issus de projets financés, la définition proposée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) définit les données comme les sources et les preuves de la recherche  : 

     "Les données de la recherche sont définies comme des enregistrements factuels (chiffres, textes, images et sons), qui sont utilisés comme sources principales pour la recherche scientifique et sont généralement reconnus par la communauté scientifique comme nécessaires pour valider des résultats de recherche."


    L'association des archivistes français propose quant à elle une définition plus large, les données pouvant désigner tout matériaux nourrissant la recherche : 

    "Les données de la recherche sont l’ensemble des informations et matériaux produits et reçus par des équipes de recherche et des chercheurs. Elles sont collectées et documentées à des fins de recherche scientifique. A ce titre, elles constituent une partie des archives de la recherche".


    La définition du décret n°2021-1572 du 03 décembre 2021 relatif au respect des exigences de l'intégrité scientifique par les établissements publics contribuant au service public de la recherche insiste sur les données comme résultats bruts, soit comme tout ce qui a été produit dans le cadre de la recherche : 

    "Les résultats bruts des travaux scientifiques mentionnés au troisième alinéa de l'article L. 211-2 du code de la recherche sont constitués des données produites au cours du processus de recherche, ou à défaut des données traitées et scientifiquement validées, ainsi que des codes sources utilisés dans le traitement de ces données" (article 5).


    Ces différentes définitions ne s'excluent pas mutuellement : elles peuvent se compléter selon les objectifs recherchés dans le cadre de sa gestion des données.

    A l'image de la diversité de définitions, il est possible d'identifier plusieurs types de données de recherche. Christine Borgman propose par exemple de classer les données selon leur mode d'obtention : données d'observation, données d'expérimentation, données de simulation, records (traces), données compilées ou dérivées, données de référence. Le rapport d'Isabelle Blanc et Anne Laurent du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche propose une autre typologie de données de recherche par mode d'obtention, proche de celle de C. Borgman : données d'expérimentation, données issues de capteurs ou d'instruments scientifiques, données d'enquête, données synthétiques (reproduisant les caractéristiques statistiques de données réelles), données de simulation (générée par des modèles informatiques ou mathématiques, reproduisant artificiellement un phénomène), données textuelles ou documentaires, données dérivées.
    Le mode d’obtention n'est pas le seul critère permettant de classer les données de recherche, et plusieurs typologies peuvent ainsi se cumuler. C. Borgman propose aussi, par exemple, de classer les types de données selon leur usage : données de recherche (liées à un projet), données "ressources" (validées par la communauté et réutilisables), et données "de référence" (gérées par des normes solides et pérennes et une gouvernance décentralisée).

    Ces paragraphes et cette sélection de ressources sur la définition des données de recherche sont librement inspirés de la formation de l'Urfist de Paris proposée par Claire Tignolet "Données, codes, logiciels : Introduction aux enjeux" (2026), que CoDataSorb remercie.


    Les données de recherche recouvrent donc des réalités très diverses, telles que des données d’observation, d’expérimentation, de simulation ou de référence. Parmi cet ensemble, certaines constituent des données à caractère personnel, dès lors qu’elles permettent d’identifier, directement ou indirectement, une personne physique. Lorsque la recherche scientifique implique la collecte ou l’utilisation de telles informations, elle relève alors du champ d’application de la réglementation générale sur la protection des données personnelles (RGPD). Les sciences humaines et sociales sont tout particulièrement concernées, dans la mesure où elles s’intéressent directement aux individus et aux réalités sociales qu’ils produisent. Elles mobilisent ainsi des matériaux de recherche étroitement liés aux personnes elles-mêmes, ce qui implique fréquemment la collecte et l’exploitation de données personnelles.

    Pour plus d'informations sur la spécificité des données personnelles et sensibles, consultez la page dédiée ("Protection des personnes").


    Si la diversité des données de recherche est donc certaine et recoupe de multiples facettes qu'il convient d'appréhender pour mettre en place une bonne gestion, elles désignent aussi, d'un point de vue pratique, tout ce dont la perte ou le vol aurait une incidence grave sur les résultats de recherche. Une bonne gestion des données de recherche permet de prévenir au mieux ces risques. L'application des principes FAIR (Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables, Réutilisables) aux données de recherche est une bonne pratique et un cadre vertueux de coopération. Par essence impliqués dans la méthodologie de recherche par des approches techniques concrètes, les principes FAIR offrent la possibilité d'anticiper aux mieux les différentes étapes de leur gestion dans le cadre d'un projet de recherche.

    Pour plus d'informations sur les données de recherche FAIR, consultez la page dédiée ("Principes FAIR et CARE").

  • Le cycle de vie des données de recherche

    L'Inist-CNRS propose un bref diaporama interactif revenant sur plusieurs étapes du cycle de vie des données de recherche ainsi que sur leurs principaux enjeux.

     

    La gestion des données de recherche se matérialise par le schéma du cycle de vie des données de recherche, constitué par plusieurs étapes essentielles. 

     

    La gestion des données de recherche dans le cadre de leur cycle de vie se structure, entre autres, grâce à l'application des principes FAIR (Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables, Réutilisables). Par essence impliqués dans la méthodologie de recherche par des approches techniques concrètes, les principes FAIR offrent la possibilité d'anticiper au mieux les différentes étapes du cycle de vie des données dans le cadre d'un projet de recherche. 


    Pour plus d'informations sur les données de recherche FAIR, consultez la page dédiée ("Principes FAIR et CARE").

Le contexte réglementaire et juridique de la gestion des données de recherche

Les conventions de partenariats [à venir]

Pour découvrir le contexte spécifique sur la protection des données personnelles et sensibles dans le contexte de la recherche en ALL-SHS-études aréales, vous pouvez consultez la page dédiée (“Protection des personnes”).

Focus sur le Plan de gestion de données (PGD) ou Data Management Plan (DMP)

Le Plan de Gestion de Données (PGD) ou Data Management Plan (DMP) est un document synthétique d'accompagnement aux projets de recherche. Il s'agit d'un outil, évolutif et descriptif, d'aide à la gestion des données de recherche. Tout au long de votre projet, le PGD documente la manière dont vos données sont collectées, traitées, décrites, stockées, archivées, partagées ou au contraire protégées. Le PGD participe à l'intégrité scientifique de vos projets de recherche grâce à l'anticipation renforcée de vos pratiques de gestion des données. Au-delà d'être un outil pratique et technique recommandé pour tout projet, le PGD est un livrable obligatoire demandé par plusieurs agences de financement de la recherche, qui proposent différents modèles. A ce titre, le modèle structuré est à privilégier pour les projets financés par l’Agence nationale de la recherche (ANR).

Il est également possible de documenter un Plan de gestion de logiciel (PGL) ou Software Management Plan (SMP) afin de décrire la façon dont un logiciel, développé dans le cadre de vos activités de recherche, sera géré depuis sa conception jusqu'à sa maintenance. 

Les ressources sélectionnées par l’équipe de CoDataSorb vous permettront de comprendre les attendus et les enjeux d’un PGD, ainsi que d’identifier les acteurs, les outils et les compétences utiles pour la rédaction de ce document indispensable.

Pour aller plus loin sur la planification de la gestion des données de recherche

  • Une sélection de ressources complémentaires

    Portée par l'Inist-CNRS et le Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Réseau Urfist, la plateforme DoRANum met à disposition un ensemble de ressources pour l'apprentissage en auto-formation de la gestion des données de recherche. De la découverte à la consolidation des connaissances autour des données, les ressources proposées sont de niveaux et de natures variés (infographies, vidéos, fiches synthétiques, parcours e-learning…), issues de travaux collaboratifs avec de nombreuses structures. Intégrant les spécificités disciplinaires dont les SHS, les ressources abordent de nombreux thèmes (aspects juridiques et intégrité scientifique, plans de gestion de données, identifiants pérennes, stockage et archivage, data papers, visualisation). DoRANum fait partie des centres de ressources nationaux fédérés par Recherche Data Gouv. 

     

    Conçu par l'INRAE, le parcours d'auto-formation OSCAR (Ouvrir la Science, Connaissances à AcquériR) permet de se former à son rythme sur les enjeux de la science ouverte. L'un des 9 modules développés s'intéresse spécifiquement à la gestion et au partage des données, tandis que d'autres abordent ce même thème pour les algorithmes, codes et logiciels, mais également les enjeux autour des sciences participatives ou encore les questions d'intégrité scientifique en contexte de science ouverte. 

     

    Le Groupe de Travail Science Ouverte du consortium Couperin (GTSO Couperin) œuvre à la mise à disposition "d'outils de terrain et de valorisation" autour de la science ouverte, notamment grâce aux activités de différents sous-groupes de travail thématiques. Le GTSO Données propose des ressources sur la gestion des données de recherche, afin d'accompagner les chercheurs et les établissements. 

     

    Le Groupe de Travail Science Ouverte du consortium Couperin (GTSO Couperin) œuvre à la mise à disposition "d'outils de terrain et de valorisation" autour de la science ouverte, notamment grâce aux activités de différents sous-groupes de travail thématiques. Le Groupe Juridique du GSTO propose des ressources accessibles autour des questions de droit en contexte de science ouverte, afin d'accompagner les chercheurs et les établissements. 

     

    Mis en place par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le site Ouvrir la Science est piloté par le CoSo (Comité pour la Science Ouverte), qui propose de nombreuses ressources à destination de l'ensemble de la communauté scientifique et citoyenne. Dans ce cadre, plusieurs collèges et groupes d'expertises produisent et mettent à disposition une importante documentation, parmi lesquels le Collèges Données de la recherche ou encore Logiciels & Codes sources, afin de proposer des ressources et des outils autour de ces thématiques. 

     

    Mis en place par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le site Ouvrir la Science est piloté par le Comité pour la Science Ouverte (CoSo), qui propose de nombreuses ressources à destination de l'ensemble de la communauté scientifique et citoyenne. Cette documentation est accessible par la "bibliothèque de la science ouverte", intégrant notamment les productions sur les données de recherche.

     

    Cat OPIDoR est un catalogue collaboratif des services français dédiés à la gestion des données de recherche. Ce catalogue permet d'identifier le(s) service(s) adapté(s) et bénéfique(s) pour son projet de recherche, étape particulièrement importante dès la planification de sa gestion de données. Cat OPIDoR est intégré à la plateforme de services et d'outils OPIDoR, qui fait partie des centres de ressources nationaux fédérés par Recherche Data Gouv. 

Contacts

Une seule adresse mail générique à retenir pour contacter CoDataSorb, l'Atelier de la donnée de Sorbonne Alliance : codatasorb@sorbonne-alliance.fr